AZ BTP, lauréat 2018 de la reprise d'entreprise

Lauréate 2018 du concours « Reprendre & réussir en Seine-et-Marne », catégorie PME, Cécile Fournier revient sur son histoire dans l’entreprise et sur le processus de reprise.

ZOOM SUR

> Entreprise : AZ BTP
> Présidente : Cécile Fournier
> Secteur d’activité : BTP
> Effectif : 30 salariés
Adresse : 37 rue de la Régalle
77181 COURTRY
Email : azbtp@wanadoo.fr
Téléphone : 01 60 20 86 27

« L’entreprise AZ BTP a été fondée en 1989 par mon père. Au départ tous corps d’état, nous nous sommes petit à petit spécialisés dans les fondations spéciales, les voiles par passe, le béton projeté. Concrètement, nous sommes ceux qui interviennent les premiers sur un chantier de construction. Nous ne travaillons que sur des projets d’immobilier neuf, logements ou bureaux, sur toute l’Ile-de-France.

J’ai intégré l’entreprise en 2001 après un BTS assistante de gestion en alternance. Bien qu’effectué dans un autre secteur, la restauration, j’ai pu faire profiter la structure des notions de comptabilité analytique à l’anglo-saxonne que j’y ai apprises. Ma première mission a été de créer une filiale de location-transport pour investir dans un parc matériel spécifique à notre activité, et disposer en interne de nos propres moyens de production.

Une transmission anticipée par le cédant

Mon père avait anticipé son départ à la retraite en créant une holding de reprise dès 2005. Il avait fait monter des salariés au capital de l’entreprise. Puis durant les dix années suivantes, il a essayé de trouver et d’organiser la ressource en interne pour le remplacer dans sa fonction de président. Certains cadres de l’entreprise s’étaient positionnés pour la reprise ; j’étais de mon côté encore un peu jeune à l’époque.

Mais devant les difficultés de mon père à trouver un repreneur satisfaisant, j’ai su saisir une opportunité de formation à l’École supérieure des jeunes dirigeants du bâtiment (ESJB) en 2014. J’ai suivi un cursus spécialisé dans la gestion d’entreprise, une semaine par mois durant 15 mois. Cette formation a été très pertinente et m’a permis de devenir une candidate sérieuse pour la reprise de l’entreprise familiale.

Dans le même temps, quelques difficultés étaient apparues dans le projet initial de reprise d’un cadre dirigeant. C’était un très bon technicien mais pas suffisamment intéressé par la gestion financière ou les ressources humaines… Tout ce qui fait la différence entre un salarié et un chef d’entreprise, en somme. De plus, de mon côté, j’ai eu la chance d’être rejointe dans mon projet par mon frère qui voulait notamment s’occuper de la gestion du parc constitué d’une quarantaines d’engins spécifiques et d’une dizaine d’utilitaires et camions (suivi, entretien, renouvellement).

« Être patron, ça s’apprend »

Le financement et la transmission se sont finalement concrétisés en 2016. Pour me préparer et être accompagnée durant la reprise, j’ai participé aux réunions thématiques du Club des repreneurs 77 géré par la CCI Seine-et-Marne et animé par Lionel Becquart, conseiller reprise de la CCI. J’ai pu y trouver de bons contacts avec qui nous travaillons encore. La recherche de financement n’a pas posé de problème, j’avais l’habitude de gérer moi-même des demandes depuis 2001.

Nous avons également durant cette période trouvé un cabinet d’avocat spécialisé sur l’aspect juridique du montage de la reprise. Nous continuons de travailler avec pour les formalités de dépôt des comptes annuels de la holding.

Les difficultés pour la reprise d’entreprise ont surtout été liées au flottement dans la direction suite au retrait progressif de mon père, après 2011. Il nous a bien accompagnés au début, notamment pour la fusion de notre filiale et d’AZ BTP dans une nouvelle holding, mais l’entreprise a manqué de compétences de direction. Être patron, ça s’apprend. Il ne suffit pas d’avoir des compétences techniques, si bonnes soient elles. Petit à petit, j’ai pu m’imposer pour la reprise de l’entreprise.

Depuis, nous avons réinvesti dans le matériel et réorganisé sa gestion avec mon frère. Un seul salarié s’occupait auparavant de tout le parc, soit environ une cinquantaine d’engins et véhicules. Cela s’est avéré très positif dans la dynamique de l’entreprise. J’ai également profité de la réorganisation pour remettre en place un PEE et un accord d’intéressement. Cela a permis à tout le personnel de profiter de l‘équivalent d’un 14e mois lorsque nous avons cédé une grosse machine, en 2016.

« Nous commençons à reprendre un rythme normal »

Nous avons cinq chefs d’équipe et pouvons donc mener jusqu’à cinq opérations de front, soit jusqu’à environ cinquante opérations par an. Nous avons une trentaine de salariés, plus un gros volume d’intérimaires. Un de nos projets est justement de restructurer l’encadrement et de diminuer ce nombre de contrats courts. La comptabilité est gérée en interne. Pour ce qui est de la structure, mon frère et moi-même sommes actionnaires de la holding et l’ancien co-fondateur de l’entreprise
détient toujours des parts dans AZ BTP.

Maintenant, nous allons pouvoir préparer sereinement les 30 ans de l’entreprise avec tous les salariés… et aussi préparer les futurs départs à la retraite des anciens qui sont là depuis le début. Nous voulons recruter pour les services supports, notamment les ressources humaines. Nous n’oublions évidemment pas la sécurité de nos employés qui restera toujours une priorité dans ce secteur à hauts risques. Il faut pérenniser l’entreprise et profiter de la période positive pour le BTP que représente le développement du Grand Paris. »

Le concours Reprendre & Réussir en Seine-et-Marne est organisé par le Réseau Transmettre & Reprendre une Entreprise en Seine-et-Marne. Créé en 2005 à l’initiative de la CCI Seine-et-Marne, il réunit les principaux acteurs départementaux de la transmission-reprise d’entreprises. Le Réseau propose notamment un bulletin d’opportunités et des forums dédiés à la transmission/reprise, des consultations d’experts (avocats, experts-comptables), un Club de Repreneurs et un concours annuel « Reprendre & Réussir » valorisant des reprises.