Olivier Peuvrier
Reprise, transmission d'entreprise

Depreytère : le traiteur haut de gamme qui se diversifie dans le collectif

Retour sur le témoignage du repreneur Olivier Peuvrier - Depreytère Restauration, lauréat du concours Reprendre & Réussir en Seine-et-Marne.

 

Olivier Peuvrier n’a pas peur des nouveaux défis. À 45 ans, il a pris les rênes du traiteur Depreytère en 2014 avec l’ambition de relancer une entreprise de renom victime de la crise du secteur.

Ses leitmotivs ? L’amour du travail bien fait et une diversification qui a amené l’entreprise à investir le secteur de la restauration collective, avec succès. Le jeune dirigeant détaille son parcours et ses envies.

« Formé en pâtisserie à Provins chez Guy Pelé puis en cuisine à Moret-sur-Loing, et dans une école située à Montereau, on peut dire je suis un produit local ! Après quelques postes à l’étranger, de saisonnier et en collectivité, j’ai acheté une boulangerie-pâtisserie en liquidation judiciaire. J’ai remonté l’affaire avant de la revendre au bout d’un an. Je suis ensuite passé cadre en collectivité où j’ai vraiment appris à gérer des hommes et des clients. J’étais devenu un vrai chef d’entreprise.

Dans le même temps, j’ai fait des extra chez Depreytère de 1994 à 2004. La société existe depuis longtemps et est vraiment connue par les mairies et les associations dans les 50 km autour de Moret. En 2013, j’ai appris que Depreytère était à vendre. Fort de mon expérience professionnelle d’artisan et en collectivité, j’ai tout de suite été intéressé. J’ai évalué les capacités financières nécessaires à la reprise et j’ai imaginé une diversification d’activité pour améliorer la situation de l’entreprise.

Une reprise possible grâce à des projets de diversification

J’ai donc monté un projet de reprise en prévoyant de travailler dans la restauration collective, en profitant de l’investissement dans un nouveau laboratoire de 1 600 m² réalisé par l’entreprise 10 ans plus tôt. Les banques ont suivi, malgré les trois ans de déficit de l’entreprise. Depreytère était déjà connu en collectivité pour la préparation des repas des associations d’ainés ou pour les vœux de fin d’année. C’est important pour être choisi en appel d’offres. Un nom, ça se construit ; celui-là l’a été sur 40 ou 50 ans ! C’est pour cela que j’ai voulu le garder.

On a démarré en répondant à de nombreux appels d’offres de collectivités. Il y a eu beaucoup d’échecs mais certains ont tout de même préféré faire confiance aux petites PME. Je me suis beaucoup déplacé pour me présenter aux maires et mettre en avant notre proximité et notre taille humaine. On a les compétences, on emploie local, on a un service qualité… Pour assurer ce développement, nous avons embauché 14 personnes ! Nous gérons également deux maisons de retraire en concession, avec des équipes sur place.

De nouveaux investissements pour l’image… et le chiffre d’affaires

Le bilan de première année est encore négatif, notamment à cause des droits d’enregistrement, et on partait d’assez bas. Je n’ai pas de rémunération pour l’instant. Je préfère employer une commerciale, investir dans la qualité ou dans du matériel… Parallèlement à la relance de l’activité, j’ai rapidement compris qu’il fallait disposer d’un lieu propre pour accueillir les clients. Aujourd’hui, les gérants de salles demandent des rétrocessions de 10 à 15 % sur le chiffre d’affaires, alors qu’on ne fait pas plus de 5 % de rentabilité maximum sur une journée une fois qu’on a tout payé. J’ai donc décidé d’investir dans le Domaine de Motteux, situé à Marolles-sur-Seine, non loin de l’autoroute. Un ancien domaine familial de 22 ha où l’on peut organiser jusqu’à trois réceptions en même temps. La banque nous a encore suivis, grâce aux contrats qu’on avait déjà signés et parce que la hausse du chiffre d’affaires dépassait déjà largement les prévisions.

Le domaine est un bâtiment classé. Je veux redonner ses titres de noblesse à Depreytère pour faire face à ceux qui mettent en avant notre ouverture aux collectivités pour dire qu’on n’est pas bons. Non ! Depreytère existe depuis plus de 40 ans. Nous somme est capables de faire de très bons repas à la carte mais nous sommes aussi capables de faire de la restauration collective de qualité !

« Un prix a un sens »

Nous répondons constamment à de nouveaux appels d’offres, mais sans trop casser les prix. Il y a des incohérences à vouloir faire des repas scolaires à moins de deux euros avec de la viande française, des légumes en circuit court, etc. Un prix a un sens ! Deux euros, ce serait trop cher pour un repas scolaire mais certains sont prêts à mettre 20 euros dans un fast-food. C’est très commercial… et surtout une question de priorités. »

Contact : Groupe DEPREYTERE RESTAURATION
Zone artisanale les Renardières
Rue des Montelièvres - 77250 Orvanne

www.traiteur-depreytere.com - depreytere@wanadoo.fr - Tél. : 01 64 45 80 60
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