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#Orientation

Études et sport de haut niveau : quand le canoéiste Clément JACQUET et l'UTEC montrent que c'est possible

Publié le 29 Avril 2024

La Soirée des lauréats du 12 mars était l'occasion pour l'UTEC de mettre à l'honneur ses apprentis diplômés bac +3 et bac +5 de la promotion 2023. Parmi eux, Clément JACQUET a obtenu sa licence professionnelle Administration et sécurité des systèmes et réseaux, mention "Assez bien". Une belle performance pour ce sportif de haut niveau qui, à 24 ans, parvient à jongler entre cours et entrainements, entre compétitions et examens, et à réussir dans tous les domaines.

Clément JACQUET : J'ai commencé le canoë assez tard, il y a 7 ans. Mon frère et moi avons suivi un stage d'été, pour nous défouler, et j'ai adoré. Je me suis inscrit dès la rentrée suivante et tout est allé très vite. Je suis rapidement passé de 1 à 4 entrainements par semaine.

Ma spécialité, c’est le sprint ; comme en athlétisme, chacun dans son couloir, à 1, 2 ou 4 par canoë. J'ai été champion de France pour la première fois en 2018 et les bonnes performances se sont enchainées.

Côté études, j’ai obtenu un BTS Services informatiques aux organisations, option Solutions d'infrastructure systèmes et réseaux, à Besançon, avant de rejoindre la région parisienne. La proximité du centre de préparation aux Jeux olympiques, à Vaires-sur-Marne, pouvait me permettre de m'investir pleinement dans ma passion sportive tout en continuant ma formation. Le canoë n’est pas un sport professionnel en France, il faut donc assurer l’après-carrière en préparant un métier intéressant avec un salaire correct. Je devais donc cumuler les deux activités, avec quelques aménagements.

J’ai vu que l’UTEC proposait des formations qui correspondaient à ce que je cherchais. J’ai écrit au Responsable pédagogique Informatique et Technologies numériques de l’UTEC, monsieur Frédéric BOURCIER, en lui expliquant que j’étais sportif de haut niveau et que je voulais continuer mes études, mais que j'avais certaines contraintes. Il connait bien le sport de haut niveau puisqu'il est lui-même arbitre international en athlétisme.

Clément et Frédéric Bourcier

Frédéric BOURCIER : À l’UTEC, nous avons déjà accueilli des sportifs qui suivent des formations en informatique, mais nous n’avions  pas été amenés à adapter leur scolarité à des entrainements intensifs et réguliers. Lorsque Clément a postulé, nous avons cherché une solution pour lui permettre de suivre des études en apprentissage, tout en poursuivant ses objectifs sportifs.

Clément JACQUET : La difficulté, pour suivre des cours, est liée aux entrainements qui se déroulent en journée. Un ou deux entrainements le matin, pareil l’après-midi, selon le calendrier de préparation et de compétition. Il faut arriver à s'entrainer et à prendre ce qu'on peut à droite et à gauche. Tant que la motivation est là, on peut y arriver.

C’est comme au niveau sportif ; je me souviens des championnats du monde, il y a 2 ans, sur 5 000 mètres. Je pars bien, je suis dans le groupe de tête et je me prends ce qu'on appelle une "boussole", c’est-à-dire que mon canoë se positionne dans le mauvais sens et, d’un coup, je me retrouve 15ème. Je repars et j'arrive quand même à la 6ème place. Pas de médaille, mais une grosse course et une belle performance. C’était une bonne leçon !

"Ils connaissent tous mon statut et sont solidaires avec moi"

Aujourd’hui, je poursuis mes études à l'UTEC dans une formation de niveau 7 de Manager en Ingénierie informatique. Quand je suis absent pour l’entrainement, je peux demander aux enseignants de m’envoyer les cours que j’ai manqués pour que je travaille à la maison. Ils m’alertent sur les points importants à connaitre. Parfois, ce sont d'autres apprentis qui m’expliquent ce qu’on a fait et les choses à retenir. Ils connaissent tous mon statut et sont solidaires avec moi.

Je dois beaucoup travailler à la maison et mes journées sont déjà bien remplies, mais j’ai encore le weekend pour rattraper mes cours.

Frédéric BOURCIER : C'est un aménagement particulier que l'on a établi pour Clément, compte tenu de son statut de sportif de haut niveau. Cela lui permet d’avoir un emploi du temps hebdomadaire adapté à ses entrainements, mais aussi un contrat d'apprentissage prolongé pour pouvoir faire en deux ans ce que les autres apprentis font en un an.

Les formateurs mettent à disposition les supports nécessaires sur une plateforme collaborative et essaient de faire les évaluations quand il est là. Ils sont tous au courant et font donc attention, mais, malgré cela, Clément reste un apprenti comme les autres. Ça ne dérange pas ses camarades de passer 5 à 10 minutes pour lui expliquer ce qu'ils ont fait le matin.

Il y a une attention particulière vis-à-vis de Clément et plus encore cette année puisqu’il y avait cet objectif 2024 des JO en France, ce qui a amené un peu le projecteur sur les sportifs de haut niveau tels que lui.

"Grace à l'UTEC, je peux mener de front ces deux projets"

Clément JACQUET : C’est la même chose en entreprise. Je travaille au service informatique de l’INSEP. Ils me connaissaient déjà en tant que sportif de haut niveau et ont accepté de me prendre, eux aussi avec un emploi du temps aménagé, c'est-à-dire déchargé à 50 %. Certains sportifs s’engagent dans l’Armée des champions, d’autres vont dans des grands groupes comme Engie ou la SNCF, où il peut y avoir des emplois du temps aménagés et/ou déchargés pour leur pratique sportive.

Ce n’est pas possible de faire 25 heures de sport dans la semaine plus 35 heures de cours ou d’entreprise... Grâce à l’UTEC, je peux mener de front ces deux projets. J’ai eu la chance de rencontrer monsieur Bourcier qui connaissait aussi le sport puisqu’il est juge sportif de haut niveau à la fédération d’athlétisme. Il participera même aux JOP de Paris l’été prochain !

À L’INSEP, je travaille au maintien de l’infrastructure réseau et à la sécurité informatique. On connait des risques similaires à ceux des sites des jeux ou du village olympique en ce qui concerne la cybersécurité. Il y a déjà eu des attaques.

"J'aurais pu faire STAPS, comme les autres..."

Au lycée, j’ai eu un baccalauréat technologique STI2D, spécialité Systèmes d'information et numérique ; j’adorais l’informatique. J’étais déjà en équipe de France et j’aurais pu faire STAPS comme tous les sportifs, ou kiné... J’ai fait une année de STAPS, mais cela ne me plaisait pas. Donc je me suis réorienté vers un BTS SIO option SISR à Besançon. Je ne serais sûrement pas venu en région parisienne pour ma licence professionnelle s’il n’y avait pas eu le canoë, mais j’aurais suivi le même type d’études.

Maintenant, côté sportif, je vise tout ce qui est olympique. Ça va être compliqué pour 2024 car j’étais blessé lors des qualifications et il ne reste qu’un ticket à prendre, fin avril, pour tout le continent européen.

Je viens de passer en catégorie sénior et les meilleurs ont autour de 28, 30 ans. Mon objectif est de me rapprocher d’eux et notamment du meilleur français Adrien Bart, qui a fini 4ème aux jeux olympiques de Tokyo. Et puis on verra pour les JO de 2028...

Concilier lycée, cours et sport peut paraitre compliqué, mais, avec de la bonne volonté, on peut y arriver. Il ne faut pas se mettre de limites ni se précipiter tête baissée, mais agir avec intelligence. Une bonne organisation et un bon entourage sont les clés pour réussir à mener de front études et projet sportif. Ma famille m’a beaucoup aidé et continue de le faire, tout comme mon club, la Société nautique de Besançon. Avoir le soutien de l'UTEC facilite grandement les choses, et je les remercie sincèrement, car tous les sportifs n'ont pas cette chance. C'est plus facile d'aller vite quand on a juste besoin de penser à pagayer !

Zoom sur

Le mot du Directeur de l'UTEC :

L’UTEC s'engage à soutenir pleinement ses apprentis qui excellent dans le sport à haut niveau. Nous comprenons les défis auxquels ils sont confrontés pour concilier leurs études et leur pratique sportive intensive. C'est pourquoi, nous mettons en place un ensemble de mesures pour faciliter leur réussite tout en leur permettant de s'épanouir sur le plan sportif.

Nous proposons des horaires aménagés flexibles pour leur permettre de suivre leurs cours tout en ayant le temps de s'entrainer et de participer à des compétitions. Cette flexibilité est obtenue grâce à une collaboration étroite avec les départements pédagogiques et administratifs, qui adaptent les solutions aux besoins individuels de chaque apprenti. Parallèlement, nous offrons un soutien personnalisé aux apprentis sportifs sous la forme de services d'encadrement et de conseil. Cette assistance vise à aider les apprentis à gérer leur emploi du temps chargé, à organiser leurs études pour progresser tout en pratiquant leur sport à haut niveau.

À travers ces mesures nous visons à créer un environnement favorable où les apprentis sportifs peuvent s’épanouir. Nous croyons fermement que le succès dans le sport et dans les études ne devrait pas être mutuellement exclusif, et nous nous engageons à soutenir nos apprentis dans la réalisation de leurs ambitions dans les deux domaines.